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 C'est en May que fleurissent les violettes [ouvert]

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Sujet: C'est en May que fleurissent les violettes [ouvert]   
posté le : Mer 30 Mai - 18:12
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C'est en May que fleurissent les violettes.

Rien d'étonnant à cela. La jeune femme sent les fleurs pousser dans son ventre, à force de sentir cet arôme diffus qui règne dans la boutique. Une fois de plus, elle a passé sa journée là, presque seule parmi les bibelots. Que fait-elle ici? Elle travaille. Comme souvent après ses études, le soir, à l'heure où les autres étudiants rentrent chez eux pour se détendre, la May disparait à travers les rues commerçantes, elle se faufile jusqu'à la petite boutique d'Antiquité. Elle retrouve la froideur de son employeur.

Il ne lui porte aucune attention particulière lui non plus mais il la laisse libre de faire ce qu'elle veut dans la boutique. Il lui permet de poser toutes les questions qu'elle souhaite, se glisser derrière lui quand il rénove sa dernière trouvaille. Cette fille n'est qu'un fantôme qui hante les lieux à sa guise. Mais c'est une compagnie loin d'être désagréable. Elle ne parle pas beaucoup, si ce n'est pour le questionner. Elle est curieuse, ne se satisfait jamais d'une demi réponse. C'est indéniable, elle apprécie cet endroit. Elle apprécie son employeur. Elle apprécie de remporter chez elle l'odeur entêtante de violette, qui occupe sa chambre chaque nuit et lui colle à la peau, jusqu'à sa douche du matin.

Pourtant aucun sourire ne teinte son visage d'albâtre. Elle n'est que marbre froid et profondément antipathique. Mais elle est détendue ici. Elle vaque à ses occupations, furte à la recherche de nouveautés dont elle ignore la provenance, elle dessine aussi. Beaucoup. Elle prend un objet, le pose sur le petit comptoir où trône une vieille caisse de bar et griffonne sur une feuille canson, avec un bout de fusain la plupart du temps, parfois avec son aquarelle. Et puis elle s'arrête, elle replace des breloques dans un ordre que son esprit lui dicte, se plante devant la vitrine pour observer les rues. Elle hante les lieux et s'occupe de recevoir les rares clients quand l'Antiquaire est au sous-sol.

Ce soir-là, tout est aussi calme. Elle est assise droite sur le tabouret, à cause entre autre de son corset qui lui serre la taille. Il est noir. Elle porte une longue jupe noire également. La seule touche de couleur est accrochée à son cou, mauve. Ce sont des violettes. Il y en a une petite dans ses cheveux également. Elle fait les comptes. L'Antiquaire est en bas, il restaure un vase antique et essaie de déterminer de quelle époque il vient, précisément. Ira s'affaire donc dans les tâches administratives, les papiers aux feuilles blanches tranchant avec la pénombre des lieux, étalées par petits tas sur toute la largeur du comptoir.

Le carillon tinte à l'entrée. La jeune femme ne relève pas les yeux de son travail. Les clients n'apprécient pas de croiser son regard acide dès leur entrée. Ils se sentent agressés, transpercés de toute part par ses prunelles citronnées. Elle se contente donc d'adresser un bref:

~ Bonsoir...

D'une voix douce et calme, qui tranche complètement avec son apparence glaciale.
Comme toujours, elle attendra qu'on lui adresse la parole pour s'exprimer ou que l'on touche un peu trop ses trésors.
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Sujet: Re: C'est en May que fleurissent les violettes [ouvert]   
posté le : Sam 2 Juin - 17:54
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Il y avait une vieille horloge imposante dans l'appartement de Avril. Une vieille horloge taillée dans un bois noir ancien qui faisait d'autant plus ressortir l'or de son cadran et qui se démarquait des autres meubles de par sa taille et la place qu'elle prenait. Cette horloge était très ancienne et aurait sans aucun doute fait la joie d'un collectionneur, horloger ou antiquaire si la jeune fille aux cheveux rouges ne l'avait récupérée un vide grenier lors d'une se ses très rare sorties en ville. Elle avait été tout de suite fascinée et hypnotisée par le tic-tac et n'avait écouté qu'à moitié les éloges du vendeur la concernant.

Depuis, ce tic-tac rythmait la vie de Avril. Il était là, le soir pour la réconforter lorsqu'elle avait une crise d'angoisse. Il était là, pour lui indiquer que la cuisson de ses œufs était parfaite, le matin. Il était là pour lui souffler, lorsqu'elle prenait sa douche, le nombre de tic et de tac qui lui restait avant d'épuiser toute l'eau chaude. Il était là pour l'encourager lorsqu'elle sortait au dehors. Il était là tel une présence dans cet appartement vide et silencieux. Seule musique autorisée à imposer son tempo il n'y avait jamais de son supplémentaire dans l'appartement. Pas de bruit de vaisselle qui se brise, pas le son d'une voix. Ce tic-tac était là pour calmer tous les autres sons susceptibles de provoquer chez Avril, une crise. Il était là, et elle avait besoin de lui, terriblement besoin que ce tic-tac résonne dans son appartement obscure.
L’Obscurité, sa seule amie.
Le tic-tac, son unique obsession.

Lorsque Avril se réveilla, elle ne remarqua pas la chaleur étouffante qui avait réussi à s'infiltrer par les fenêtres ouvertes aux volets clos de l'appartement, elle ne prêta aucune attention au bruits de Klaxon qui provenaient de la rue, et qui, en temps normal lui aurait fait fermer les fenêtre sur le champ. Elle ignora également les tressaillement de ses mains, désordonnés et inquiétants, et elle ne pensa pas à regarder les fleurs posées sur sa table de nuit qu'elle avait achetés la veille. Toute son attention était focalisée sur le tic-tac.
Qui n'était plus là.

Avril se leva brusquement et dans sa précipitation, glissa sur le parquet noir et se râpa les genoux sur une fissure. ça saignait mais Avril ne s'en rendit pas compte tant la panique avait pris possession de son corps. Car c'était bien paniquée qu'elle courrait désormais jusqu'à la pièce principale, et c'était toujours paniquée qu'elle se figea totalement lorsqu'elle vit l'horloge et qu'elle comprit. Son coeur manqua un battement.
L'horreur.

La jeune fille aux cheveux rouges resta planté là, regardant l'horloge pendant quelques secondes voir minutes. Horrifiée. C'était comme si finalement, les fenêtres avaient été bel et bien fermées. Comme si le temps c'était arrêté. Comme si il ne faisait pas chaud, mais plutôt froid. Comme si les fleurs sur sa table de nuit étaient fanées.
Comme si Avril était en train de mourir.

Et puis tout repris très rapidement, trop rapidement.
La flammèche tomba de nouveau à genoux sur le sol tout en prenant sa tête entre ses mains. De fait, sa douleur se réveilla brutalement et comme pour rattraper le temps perdu se mis à lui bruler la peau avec acharnement. Son coeur se mis à battre sur des rythmes désordonnés, beaucoup trop rapidement, beaucoup trop fort. Sa respiration s'emballa. La tête lui tournait, le monde tanguait.

Et elle se releva, vacilla un instant, porta une main à sa bouche comme pour réprimer une envie de vomir, attrapa ses clefs qui trainaient sur la table et sorti dehors, en chancelant.
Une heure plus tard, lorsqu'elle arriva devant la boutique d'antiquités Avril soupira. Elle venait de quadriller le village et n'avait trouvé nul part d'horlogerie alors elle s'était finalement rendue ici, dans l'espoir de trouver quelqu'un qui saurait comment réparer son horloge. Elle avait eu le temps de se calmer et de la crise qui avait débuté dans son appartement, il ne restait plus rien. Avril était de nouveau calme, mais elle devait réparer cette horloge.
Alors elle entra dans la boutique.

«...Bonjour.»
~ Bonsoir...

Bonsoir... C'était vrai qu'il était déjà tard. C'était le week-end et Avril qui avait besoin de recharger ses batteries après une semaine éprouvante avait dormi beaucoup plus qu'à l'accoutumé. La flammèche ne prêta pas tout de suite attention à la vendeuse, elle se contenta de fixer un coin de la boutique. Là, s'entassaient des dizaines d'objets anciens et si Avril n'avait pas été pressée de retrouver son appartement, nul doute qu'elle aurait aimé passer des heures ici, à regarder toutes ces choses précieuses pour satisfaire sa curiosité et son désir de savoir. Mais elle n'en avait pas le temps, comme le lui rappelaient les tic-tac des horloges de la boutique, alors elle s'approcha du comptoir, prit son souffle et se prépara mentalement à dire...

«Vous sauriez réparer une horloge ?»
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Sujet: Re: C'est en May que fleurissent les violettes [ouvert]   
posté le : Dim 3 Juin - 9:47
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La personne qui est entrée ne fait pas comme les autres. Elle ne se laisse pas perdre dans tout le bric à brac qui l'entoure. Ira le sent à ses pas pressés. Le client vient vers elle, sans l'ombre d'une hésitation et lui adresse la parole.
C'est une voix féminine qui lui semble vaguement familière. Elle lui demande si elle sait réparer une horloge. Ira est bien tentée de lui répondre que oui, puisqu'elle a déjà secondé -et questionné- son employeur lorsque ce dernier remettait en état une horloge qui trône désormais dans le sous-sol.

La jeune femme finit d'inscrire un chiffre sur sa feuille. Elle relève les yeux vers la cliente. Son regard perçant croise l'émeraude de la demoiselle avec un air de déjà vu. Impossible cependant de dire où elle l'a déjà vu, ni comment elle s'appelle et encore qui elle est. Peut-être l'a-t-elle simplement croisée dans la rue? Et pourtant, il est évident que ce n'est pas ça. Ira ne voit jamais personne dans les rues. Que des ombres qui se meuvent à côté d'elle. Des ombres qu'elle ignore, qu'elle occulte de son esprit comme s'ils n'étaient que des fantômes ou les éléments d'un décor familier et insignifiant.

Ils le lui rendent bien.

Tranquillement, l'étudiante pose son stylo sur le comptoir. Elle répond simplement:

~ Je reviens.

Sur ces mots, elle se lève et abandonne la jeune fille dans la boutique. Ses pas feutrés l'amènent jusqu'à l'escalier étroit qui mène à l'atelier du sous-sol. L'antiquaire est installé là, penché sur son établit, une lumière spéciale illumine le vase devant lui. Il ne prête pas attention à son employé qui fixe son dos. Elle est agaçante à faire cela à chaque fois qu'elle veut le déranger. Même sans la voir, il sent son regard acide peser derrière lui. Qu'attend-elle au juste? Qu'il se retourne? Elle sait pourtant qu'il n'en fera rien.

Ira le fixe effectivement. Elle devine simplement son air concentré et se demande si elle est aussi fermée lorsqu'elle peint. Sans doute. Elle se décide après quelques instants à avancer et vient se planter à côté de la table de travail, observant le vase avec intérêt, tout en s'adressant au jeune homme.

~ Une cliente demande à ce qu'on lui répare une horloge.
~ Regarde sur mon agenda quand je pourrais y aller, et si c'est urgent, vas-y toi-même. Tu sais où sont les pièces. Je te donnerait un petit pourcentage sur cette réparation.

Ira hoche la tête et remonte les escaliers. L'adolescente est toujours là, à l'attendre. La femme corbeau retourne derrière le comptoir et sort un agenda qu'elle pose devant elle et feuillette jusqu'à trouver une case libre. Elle s'amuse de constater que l'antiquaire est presque aussi chargé qu'un dentiste.

~ On peut vous faire ça. C'est urgent ou ça peut attendre quelques jours? demande-t-elle sans autre forme de procès à la rouquine qui lui fait face.
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Sujet: Re: C'est en May que fleurissent les violettes [ouvert]   
posté le : Dim 3 Juin - 16:24
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~ On peut vous faire ça. C'est urgent ou ça peut attendre quelques jours?

Avril hésita à répondre. Non pas à cause de son obsession du silence, ce n'était pas non plus parce qu'elle avait peur qu'on la croit folle d'être pressée de réparer une horloge mais parce qu'une impression étrange s'était emparée d'elle. Une impression de déjà vu, mêlée de crainte. Ce n'était pas à cause de la froideur glaciale de la vendeuse mais pour une raison toute autre. Elle savait qu'elle connaissait cette femme, son nom était d'ailleurs quelque part, dans sa mémoire mais Avril n'arrivait pas à s'en souvenir. Comme si un épais voile de brume était venu donner à cette impression d'une valeur illusoire, plus la flammèche tentait de s'en souvenir, plus le prénom lui échappait. Alors elle renonça.

«C'est urgent.»

Simple, court, concis. Encore et toujours. D'un côté de la pièce, les horloges de l’antiquaire tic-tac-aient pour lui signifier que le temps passé dans cette boutique s'éternisait. Avril était pressée, oui, pressée de retourner chez elle en compagnie de ses craies et de horloge si réconfortant. Être au dehors était plus une torture qu'autre chose, elle n'avait pas prévu de se promener, elle n'était pas là par choix, elle devait rentrer vite pour soigner son horloge et elle avait froid, très froid. Rien d'étonnant à cela, après tout elle était sortie de son appartement en pyjama et comme le lui montrait son reflet dans la vitre d'une armoire ancienne, elle avait les cheveux en bataille et était encore plus blanche qu'à son habitude.
On ne pouvait pas dire qu'elle était très présentable.

L'avantage de son pyjama c'est qu'il donnait l'impression qu'elle sortait d'un jogging bien qu'elle n'ait pas les joues aussi rouges que ses cheveux. Mais Avril se moquait royalement de son allure en ce moment. Tout ce qu'elle voulait c'était rentrer, maintenant, tout de suite. C'est pourquoi elle soupira lorsqu'elle vit la jeune femme contourner le comptoir pour la suivre en direction de son appartement.

[Direction immeuble 7 - appartement 106]
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Sujet: Re: C'est en May que fleurissent les violettes [ouvert]   
posté le : Sam 23 Juin - 21:45
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Urgent...
Elle s'en serait douté, compte tenu de la manière dont était arrivée l'inconnue. Si ce n'était pas urgent, elle aurait au moins pris le temps de s'habiller. Or elle n'avait sur le dos qu'un pyjama. Plutôt court d'ailleurs pour cette période de l'année. Cette demoiselle ne devait pas avoir très chaud. A moins qu'elle n'habite juste à côté? Peu probable, elles se seraient déjà croisées et Ira se serait déjà fait une réflexion sur la couleur de ses cheveux.
Elle ne l'aurait pas oubliée...

L'apprentie-antiquaire acquiesça à la demande de la cliente. Pas de sourire amical cependant, ni preuve d'aucun agacement. Elle faisait son travail, tout simplement. Elle lui demanda cependant de patienter quelques minutes, le temps pour elle de laisser un mot à son employeur pour le prévenir qu'elle emportait le matériel de réparation et des pièces d'horlogerie. Qu'elle repasserait par la boutique avant de rentrer. Qu'elle laissait ses affaires là.

Ceci fait, elle s'exécuta, attrapant une boîte à outils qu'elle acheva de remplir avec les pièces détachées nécessaires pour réparer une horloge. Puis elle revint vers la cliente aux cheveux enflammés et lui fit signe qu'elles pouvaient y aller.

[hrp: Ira suit Avril jusqu'à son appartement, en silence et sans poser de questions]
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Sujet: Re: C'est en May que fleurissent les violettes [ouvert]   
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C'est en May que fleurissent les violettes [ouvert]

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