Fantasmagoria

La plateforme de gestion
 
AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

 

 Un brouillard qui se répand comme un souvenir évanoui

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Nevroze
Your Scary Nightmare
Over All

avatar


Sujet: Un brouillard qui se répand comme un souvenir évanoui   
posté le : Lun 14 Mai - 17:33
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.
[suite de l'event du 8 Mai... Nevroze vient de la place centrale]


Le cimetière. Pour beaucoup il signifiait "souffrance", "perte", "malheur", "mort". Pour Nevroze, il ne signifiait que "victimes" et "perdre". Car là s'étalaient pour la plupart tous ceux qui avaient péri pour avoir échoué. Tous ceux qui avaient failli à leur tâche. Ce n'était qu'un cimetière. Une étendue vaste de tombes sur de l'herbe sèche, craquante sous le pied, et toutes perdues quelque part sous une purée de brouillard bleuâtre qui crachait la solitude.

Néanmoins, non accoutumée à venir ici, surtout pour des circonstances particulières, elle vint cette fois-ci car c'était là qu'elle devait être. Elle avait su et donc elle était la première. Ça s'arrêtait juste là : il fallait qu'elle trouve. Il fallait qu'elle LE trouve ; car lui dont elle connaissait l'identité, se cachait trop bien pour qu'elle sache où le déloger. Où était-il ?

En tout cas, il n'était pas ici, puisque les lieux étaient aussi vides que d'habitude.

" Eh bien, Aslitel'. N'était-ce pas ici que tu pensais me voir ? Je suis là, je t'attends. "

Revenir en haut Aller en bas
Ira May
Invité
avatar


Sujet: Re: Un brouillard qui se répand comme un souvenir évanoui   
posté le : Lun 14 Mai - 18:40
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.
Bienvenue parmi eux


Aslitel'... Etait-ce bien le maître des énigmes qu'elle appelait? Elle aurait savoir mieux que personne pourtant, que cet illusionniste n'apparaîtrait pas dans un lieu si sordide. Ce n'était pas sa place, et elle n'avait certes pas besoin de lui pour cette quête.
Il restera invisible et muet pour le moment. Peut-être observait-il caché dans une ombre, à battre les cartes d'un jeu dont lui seul connaissait les règles. Ou peut-être était-il parti hanter un autre lieu, d'autres personnes.

Mais ce cimetière n'était pourtant pas désert. Des bruissements. Partout. Tout autour de la jeune femme. Des bruits étrangement proches et vivants. De quoi avoir peur. Pour toute personne qui puisse ressentir ce genre de sentiment.
Un froid glacial s'était emparé des lieux et des cris étouffés se répercutaient ici et là. Mort. Délivrance. Elle venait de là cette peur. Cette impression que la mort n'était qu'un long sommeil qui mettrait fin à tout, à la souffrance, à l'horreur.

Le voyage du village commençait par la fin. Et il fallait se laisser guider par ces paroles maintenant, écouter, suivre, se rapprocher de la lumière, pour peu qu'on la voit. Se rapprocher de l'odeur de putréfaction pour voir. Voir qui? Voir quoi?

Avancer. Et découvrir, peut-être, l'horreur.
Revenir en haut Aller en bas
Nevroze
Your Scary Nightmare
Over All

avatar


Sujet: Re: Un brouillard qui se répand comme un souvenir évanoui   
posté le : Mar 15 Mai - 21:17
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.
Elle pensa qu'il viendrait, mais oui, à y bien réfléchir, la plupart du temps, il était employé à n'envoyer que des pistes ou de fausses rumeurs, et à disparaitre quand le moment devenait palpitant, il était donc normal qu'il fasse de même ici. Après tout, elle les employaient mais ils étaient libres de leurs mouvement, l'un comme l'autre. Elle avait donc été victime, cette fois, de la galanterie Aslitel". Ça aurait pu la faire rire, si elle avait su comment on faisait. Mais ça ne lui pris qu'un goût salement amer dans la bouche. Un goût qu'elle s'imaginait jaune et visqueux. Elle plissa les yeux, et regarda aux alentours.
L'endroit était vide, apparemment. Pas une once d'humanité, et pourtant, il lui semblait sentir quelqu'un. Alors, sa capuche encore sur son crâne, camouflant son visage à la lumière, elle tendit l'oreille d'une certaine manière, et écouta ces bruits qui semblaient venir de partout. Des buissons ou des tombes, mais cet endroit n'avait rien de commode, donc ça ne l'aurait pas vraiment étonnée d'y voir quelques mains sortir de sous les fagots ; bien que les goules, ici, n'existaient pas.
C'était encore une idée qui aurait pu la faire rire, si elle avait su comment faire.

Les lèvres pincées de ne point voir quelqu'un, elle fronça les sourcils, et s'approcha doucement dans le cimetière. Les tombes se faisaient nombreuses, et bien qu'elle ne voyait pas les bases, elle faisait bien attention à ne pas marcher dessus. C'était ainsi. Nevroze n'avait pas de pitié pour les humains, mais elle avait du respect pour les morts, ou du moins, pour ceux qui étaient morts vaillamment. Elle connaissait ces tombes par cœur pour avoir été l'une des pionnière d'inauguration de cet endroit ; eh oui, par famille, qui qui avait brûlé, ou qui qui était mort, elle avait toujours un lien avec un cadavre, ici. Elle n'en était ni fière ni malheureuse. C'était juste comme ça.

Arpentant le chemin qui se traçait invisiblement entre chaque tombe, elle continua d'avancer un peu plus profondément au cœur du cimetière, son regard allant de tombe en tombe, parfois, ou regardant devant elle, parfois ses pieds ; jamais toujours fixé au même endroit. Lui vint l'idée qu'une bête peut-être s'était glissée dans les fougères et avait disparue, ce pourquoi elle avait entendu du bruit, mais mêmes les animaux ne venaient pas ici, le brouillard les faisaient faire demi-tour.

Il y avait donc quelqu'un ici, qui la regardait surement. Qui ?
Revenir en haut Aller en bas
Ira May
Invité
avatar


Sujet: Re: Un brouillard qui se répand comme un souvenir évanoui   
posté le : Mar 29 Mai - 20:39
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.
Continues, tu vas y arriver...


Personne. Il n'y avait vraiment personne à part Nevroze dans ce cimetière. Mais pour une étrange raison, la jeune femme se sentait épiée. Etait-ce les corps enfermés sous terre qui lui faisaient cet effet? Voyait-elle inconsciemment les visages de ceux qu'elle avait amené ici? Non, cette femme ne pouvait pas ressentir ce genre de chose. A moins qu'elle soit plus humaine que son minois figé dans le marbre ne le suggère. Elle seule connaissait la réponse à ses questions.

Et pourtant. Il y avait bien des voix. Plus loin, encore plus profondément dans le cimetière. Elle s'y rendait. Et plus elle approchait, plus les sons étaient intenses. Elle pouvait les reconnaître aisément maintenant, elle qui y était déjà si habituée. Des cris. Des pleurs. Des lamentations. Et d'autres cris, secs, tordus, biscornus. Totalement dérangeant. Des ordres. Suivis d'une rafale. Des tirs à la chaîne, répétés longuement, jusqu'à ce qu'un silence de mort se fasse. Un silence qui emplissait l'air, comme si la surdité avait emporté tout sur son passage. Que les rafales, que les balles -car s'en étaient bien-, avaient éteint toute vie, tout son. Il n'y avait plus rien. Vraiment plus rien.

Mais il suffisait de suivre le petit papillon bleu. Ce joli papillon qui voletait derrière une allée buissonnante. Des buissons d'épines, des barbelés, des bouts de verres, des fusils déchargés et un liquide rouge qui teintait le sol. Oh non, cet étrange buisson n'était pas là l'instant d'avant. Il n'était pas là quand Nevroze avait cligné des paupières.

Mais il était bien là maintenant, à l'appeler.

Osera-t-elle franchir cette barrière? Aller voir ce qui se cache derrière?
Personne n'en doutait.
Et surtout pas, lui.
Revenir en haut Aller en bas
Nevroze
Your Scary Nightmare
Over All

avatar


Sujet: Re: Un brouillard qui se répand comme un souvenir évanoui   
posté le : Mar 29 Mai - 21:20
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.
Nevroze avançait entre les tombes. Mais au fur et à mesure que ses pas l'enfonçait un peu plus dans la vapeur d'eau, elle entendait de plus en plus distinctement des voix. Au départ, de simples murmures. Des murmures vaseux, faibles, qui ne lui firent rien. Elle les entendit sans les écouter et continuait son chemin, mais au fil du temps, ces murmures prirent de l'ampleur. Une vaste ampleur qui se changea en paroles. On parlait ici, en tout cas, c'est ce qui lui parvenait aux oreilles. Pourtant, personne n'était ici, elle était seule. Où qu'elle regarde, aussi loin qu'elle put porter son regard, devant elle, derrière ou sur ses flancs, il n'y avait rien. Ce vide était exaspérant, elle qui espérait rencontrer cette personne qui avait placardé sa fontaine, mais il n'y avait rien. Et pourtant, on parlait, maintenant. Mais qui ?

Nevroze s'arrêta un instant, consciente de ces mots indistincts qui venaient à ses oreilles. Elle ne les comprenait pas, au départ, mais quand elle se stoppa et qu'elle écouta un peu plus consciencieusement, elle crut comprendre certains mots. Seulement, ce ne pouvait être vrai. Elle divaguait. La brume, surement, avait des effets hallucinogènes. Ce ne serait pas la seule chose bizarre dans cette ville. Elle reprit donc son chemin, mais les paroles devinrent rire. Des rires d'enfant qui lui parvenaient comme d'un autre monde. Comme sorti tout droit d'un souvenir, ou des souvenirs de quelqu'un d'autre.

Elle s'arrêta encore une fois, cette fois-ci plus brièvement.
Étrange.

Elle reprit sa route, non sans un certain doute maintenant, et ces rires qui lui parvenaient distinctement se mêlèrent à d'autres sons, à d'autres mots. Des pleurs, maintenant. Des rires et des pleures, qui n'avaient pas l'air de venir de la même personne. Étaient-ils donc plusieurs ? Inutile de se poser la question, car c'était évident. Le regard fixe, elle continua d'avancer sans même savoir où elle allait, ne cherchant même plus à comprendre. Que fuyait-elle ? Les voix ? Avaient-ils seulement un sens ? Pas syntaxiquement, non. Mais ils signifiaient qu'un groupe d'individus se trouvaient là. Il fallait donc qu'elle se cache avant qu'on ne l'y voit, ou elle allait passer un sale moment. Curieusement, Nevroze alla s'accroupir derrière une tombe surélevée qui la cachait assez bien. Le cimetière était trop bien ancré dans sa brume, on ne pouvait la voir à moins d'être à trois mètres. Donc à moins de savoir qu'elle était là, il n'y avait aucune chance qu'on ne la trouve. La main contre le marbre froid, elle resta ainsi sans bouger, mais les voix étaient encore là, surréelles. Non, il n'y avait personne ici. Mais elle entendait des voix. Y avait-il une quelconque logique à ce phénomène ? Possible... si on y croyait.

Nevroze croyait-elle ces choses ? Femme de science ? Non, pas réellement. Elle expérimentait, mais pas pour la science même. Pour sa propre connaissance de l'homme ; c'était donc à but purement psychologique, il n'y avait rien d'autre, et donc... la croyance avait-elle sa place dans tout ça ? Elle ne le savait pas.
Tournant son regard sur le côté, elle se laissa aller à visualiser le reste du cimetière, se concentrant maintenant sur les voix, pleurs, rires ou larmes, elle s'en moquait, qui constituait un grand brouhaha dans son crâne. Les morts jouaient-ils ici ? Était-ce seulement un jeu ? Des coups de fusil, des cris perçants, et d'un seul coup, plus rien.

Oh, n'était-ce pas le bruit d'un massacre ? Intriguée, Nevroze releva le menton, puis se releva tout court, sa capuche cachant encore son visage, ne dévoilant qu'un fin menton blanc, et des doigts fins, presque charnus, qui vinrent tirer sur le tissus, la cachant un peu plus. On put juste déceler un léger sourire, presque imperceptible, mais présent. Avait-elle bien entendu ?

Les yeux fermés, elle se laissa aller à écouter ce qu'elle pouvait de ces lieux où se passaient, ou s'étaient passées des choses étranges alors inconnus. C'était encore la même chose. Une routine sonore dans laquelle elle se plongea, et quand elle en eut assez, elle ouvrit les yeux.

Ce cimetière... lui paraissait différent, d'un coup. Hallucinogène, vraiment ? La brume ne réglait pas tout, dans quel atmosphère l'avait-on plongée ? Elle était bien placée pour savoir comment on faisait, ici, pour exporter les gens dans un même lieu, mais mais exactement dans le même espace temps. N'était-ce pas ce qu'elle faisait souvent ? Avait-elle donc subit la même chose, car un cimetière... ne changeait pas comme ça. La forêt, qui la serpentait, avait une allure toute différente. Non, les lieux étaient les mêmes pour en même temps... complètement différents. Nevroze plissa les yeux. Où était-elle d'un point de vue exponentiel ? Personne ne pourrait le lui dire ; à part cette personne à la pancarte. Cela allait de soit qu'il avait les mêmes pouvoirs qu'elle. Était-ce donc...

" Ah cet oiseau de malheur ! "

Des doutes, des réponses, mais de la peur aussi. C'est ce qu'elle ressentait maintenant. Car elle savait, elle savait qui ici, avait le pouvoir de la faire trembler sans qu'il ne fasse froid. Mais elle ne pensait pas qu'il viendrait attaquer de la sorte. Que cherchait-il à montrer par ces voix ?

Elle fixait la forêt, la brume lui donnant un air peu accueillant, voire macabre. Il n'en fallait pas beaucoup, ici, pour repousser les villageois, mais cette fois-ci c'était différent. Ce n'était pas son cimetière, à elle. C'était le sien. Il n'y avait donc plus rien de commun avec son monde et ceux qu'elle créait, elle n'était plus sur son air de jeu, mais sur le sien. Il lui fallait continuer, sinon, elle ne pourrait jamais sortir. Elle avança donc vers la forêt. A l'orée de la forêt. Là, un petit bosquet qu'elle n'avait pas vu avant, et qui d'ailleurs, n'avait jamais été là, attira son attention. Un simple bosquet, mais qui semblait contenir toutes les peines du monde, car à l'instant, elle entendait les voix, les cris, les pleurs, encore plus distinctement qu'avant. Était-elle allée au bon endroit ?

Et ce petit papillon bleu qui voletait au dessus du bosquet comme un papillon de nuit voletterait autours d'une lampe allumée, était-il réel ? Faisait-il parti de ce monde ? Un papillon bleu, non mais vraiment ! Il prit son envol et s'éloigna des lieux. Nevroze décida de le suivre. C'était la seule chose qui se découpait du reste, et les règles étaient les mêmes partout ; il fallait donc les suivre, si on voulait comprendre.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


Sujet: Re: Un brouillard qui se répand comme un souvenir évanoui   
posté le : Sam 2 Juin - 11:45
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.
Il faisait froid, soudain.
Pourtant la journée avait commencé avec une température douce et un ciel gris très foncé par endroit. Les conditions idéales pour que les habitants restent chez eux à regarder leurs télévisions dans l'attente d'un orage ou d'une pluie. Les conditions idéales pour qu'Avril, elle, sorte de chez elle et profite du silence rependu sur la ville. Mais malgré toutes ces conditions idéales Avril marchait seule dans les rues depuis plus d'une heure déjà lorsqu'elle était tombée sur l'affiche de la place centrale qui était encore plus bondée que si l'on avait célébré deux mariages à la même heure et au même endroit. Pas de pluie, toujours pas, mais un rayon de lumière dans ce ciel terne, changeant et ennuyeux.
De la lumière: un jeu.

L'adolescente s'était rendue à l'endroit indiqué par l'anagramme de l'affiche sans pour autant se presser. Elle ne doutait pas que les gens qui auraient eux aussi déchiffré l'énigme seraient là pour trouver... Quelque chose. Mais cela ne la fit pas forcer l'allure. Au contraire, elle prit son temps et les claquement de ses talons contre le pavé étaient lents et régulier. Un son continu qui ne s'arrêta qu'aux portes de la dernière demeure des morts de la ville.
Le cimetière.

Il faisait froid, soudain.
Avril regrettait de ne pas avoir pris de pull avec elle, trop consciente de la faible protection que lui offrait sa robe face au froid qui venait lui mordre les bras et les jambes. Pourtant elle ne pensait pas à faire demi-tour pour abandonner ce jeu et rentrer chez elle. Non, la curiosité l'emportait, car la curiosité l'emportait toujours et elle ne partirait pas avant de savoir ce qu'il y avait dans ce cimetière. Ce qui l'attendait peut-être, juste là, derrière une tombe craquelée ou un buisson épineux, impatient de livrer son secret.

La flammèche s'avança dans le cimetière et au fil du chemin, il lui semblait entendre des voix, des chuchotements, des murmures des rires puis des pleurs la suivre,l'accompagner et même la guider. Pourtant, le cimetière était désert. Désert ? Pas vraiment car une silhouette se tenait là, juste devant elle. Mais au moment où la demoiselle remarqua cette silhouette, celle-ci disparu et son nez fut comme assaillit par une mauvaise odeur. Une horreur putride qui lui évoquait la mort. Mais peut-être était-ce bien la mort qui était là, tapis dans une ombre à guetter sa proie ? Avril se concentra afin d'oublier son sens olfactif. La silhouette ne réapparaissait pas et Avril continua donc sa progression vers ce qui semblait être l'origine des voix et de l'odeur.
Presque sans s'en rendre compte.

Au bout d'un instant, arrivée à l'endroit où les voix se faisaient les plus fortes, sans parler de l'odeur, un bruit assourdissant se fit brusquement entendre. Un brouhaha sans nom qui explosa avec tant de violence aux oreilles de Avril qu'elle se prit la tête entre les mains et que son sursaut lui fit perdre l'équilibre et tomber dans l'herbe. C'était horrible, tous ces bruits ignobles, ces cris désespérés, ces éclats et ces tirs de fusils. Une symphonie macabre chantée sur un rythme illogique dont la moindre note semblait diabolique. Un refrain entêtant impossible à chasser, comme s'il résonnait à l'intérieur du crâne de la flammèche.
Et puis plus rien.

Un silence strident, si tant est que ceci fût possible. Un silence tellement soudain qu'il sembla un instant à Avril qu'elle était devenue sourde. Un calme tellement morbide qu'il en paraissait encore plus bruyant que le brouhaha précédent.
Un silence de mort.
Avril décolla doucement ses mains de ses oreilles et elle posa une main sur son front tout en soupirant. C'est seulement après cela qu'elle remarqua que le décors avait changé. Alors, elle se releva et recommença à marcher lorsqu'elle aperçu la silhouette, là, juste devant elle.
Les deux personnes semblaient suivre la même route, celle qui allait vers la foret mais Avril qui ne faisait pas plus de bruit qu'à son habitude ne se fit pas remarquer par la silhouette qui continuait son chemin. La flammèche ne se dissimulait pas mais elle ne trouvait pas d'intérêt à signaler sa présence à l'inconnu, alors elle se contenta de la suivre.

Au bout de quelques minutes, ses yeux absinthe furent attirés par une tache de couleur sur ce tableau monochrome gris. Une petite tache bleu qui agitait ses ailes féériques comme pour rependre sa couleur au delà de son être sans jamais y parvenir. Une couleur vivante et merveilleuse encore trop loin pour qu'Avril distingue de quoi il s'agissait. Alors elle s'avança, encore, sans vraiment réfléchir au fait qu'elle se rapprochait toujours plus de cette silhouette inconnue. Jusqu'à se retrouver juste derrière elle.
Et se figer.

Du sang, partout sur le sol. Finalement la tache bleutée n'est pas la seule couleur à régner ici. En regardant tout autour Avril aperçu également des buissons, barbelés, fusils, bouts de verre et du sang, encore du sang. Autant de couleurs ajoutées soudainement au tableau et qui lui donnaient des allures de champ de bataille. C'était ça ? Les cris, les pleurs et le son des tirs entendu plus tôt ? Un champ de bataille ? La guerre ?

Avril secoua la tête et se massa les tempes du bout des doigts. Non, ce n'était pas possible. Elle était dans un cimetière, un cimetière qu'elle connaissait bien et qui n'avait jamais ressemblé à ça. C'était un rêve alors ? Les rêves sont illogiques, c'est bien connu. Cette scène était illogique. Donc cette scène était un rêve.
Oui, un rêve, ça ne pouvait être que ça.

Tandis que la demoiselle essayait de se persuader elle même sans vraiment y parvenir que tout ceci n'était pas réel, la silhouette s'éloigna à nouveau en direction du papillon. Alors finalement, Avril renonça à essayer de comprendre ce qui se passait. Illusion, rêve, cauchemar ou réalité, il y avait quelque chose ici, quelque chose à trouver.
Et elle allait trouver cette chose.

Elle se releva en ignorant les battements désordonnés de son cœur perturbé. Et puis elle recommença à marcher, sans crainte de ce qu'elle pourrait découvrir mais perdu dans cet univers qui lui était inconnu.
Il faisait froid, très froid, soudain.
Revenir en haut Aller en bas
Ira May
Invité
avatar


Sujet: Re: Un brouillard qui se répand comme un souvenir évanoui   
posté le : Sam 2 Juin - 15:54
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.
Après l'horreur, nul réconfort


La Nevroze solitaire et emberlificotée dans sa grande cape n'était plus seule. Elle devrait partager son espace vital avec une autre jeune fille. Avril. Avril qui était bien découverte pour la saison. Avril qui semblait traîner la pâte, comme si elle se moquait éperdument de ce qu'elle pouvait trouver. Attention au mépris, dans ces lieux, avec lui, cela pourrait être dangereux.

Ils les observaient. Ils les sentaient. Et le spectacle continua.

L'une après l'autre, les deux femmes franchirent la barrière du buisson et se laissèrent guider par le papillon bleu. Bonne ou mauvaise chose? A elles d'en juger. Devant leurs yeux, au bout de l'allée, s'étendait quelque chose d'inattendu. Une horreur sans nom. Il y avait des fausses ouvertes, larges, d'autres refermées, bombées. On devinait aisément ce qui pouvait se cacher en dessous. Il y en avait des à moitié remplies, pleines d'ossements désordonnés, comme si on avait arrêté le massacre en plein milieu.

Et puis il y avait, devant ces scènes atroces, deux objets.
Une pelle et un fusil.
Qui attendaient.

Deux objets et deux personnes. Drôle de coïncidence n'est-ce pas?
Revenir en haut Aller en bas
Nevroze
Your Scary Nightmare
Over All

avatar


Sujet: Re: Un brouillard qui se répand comme un souvenir évanoui   
posté le : Sam 2 Juin - 16:15
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.
Nevroze avançait dans le chemin tracé par le papillon, parfaitement consciente de ne pas être seule. Ces choses-là se sentaient clairement, comme si elle l'avait touchée. Elle n'avait donc pas eu besoin de se retourner, bien qu'elle ne savait pas qui la suivait exactement. Ce devait être une femme cela dit, car son pas était léger, et elle trainait derrière. Un homme aurait fait plus de bruit, et se serait avancé. Les hommes et les femmes n'ont pas la même conception des choses. Une fille, timide, donc. Qui connaissait-elle qui avait ce caractère, dans le village ? En tout cas, ce n'était pas la brune qui était arrivée sur la place peu près elle. Elle, était bien trop bruyante, et parlait trop. Des filles timides ou réservées, il y en avait, oui.
Elle pensait savoir, alors.

Le chemin les menèrent vers une fausse, et bien que Nevroze ne s'attendait pas à voir un tel spectacle : des fausses presque entièrement remplies d'ossements, par endroit, cela ne lui fit rien. Que voyait-elle donc là ? Un massacre. Oui, c'était un massacre, mais.. que pouvait-elle bien y faire ? Était-ce là l'endroit que le papillon voulait la mener ? Dans ce cas, il n'y avait toujours pas ce qu'elle cherchait.
Une fausse, donc. Soit, elle ne savait pas réellement comment une fausse de ce nom pouvait se trouver là, et à qui appartenaient ces... milliers d'ossements, et une chose certaine lui traversa l'esprit : c'est qu'ils n'avaient jamais été là auparavant. Elle avait donc bien traverser l'espace. Était-ce donc un rêve ? Un souvenir ? Ou une machination entièrement peinte ? Elle ne savait dans lequel des trois elle se trouvait, pour l'instant.

C'était juste un massacre. C'était certainement un massacre. Coups de feu, cris et larmes : c'était donc eux qu'elle avait entendus un peu avant. Elle comprenait mieux. C'était donc bien ça qu'on voulait lui montrer. Mais pourquoi ? Que pouvait-elle y faire, elle ? Le crime avait déjà été commis. Voulait-on qu'elle mène une enquête pour entamer... les procédures adéquates ? Dans ce cas, il fallait le lui demander.

Elle s'arrêta au rebord d'une fausse dont le fond était plein. Des ossements. Parfois encore des bouts de vêtements. Des grimaces sur les visages osseux. Des globes vides. Des morts. Son pied bucha dans quelque chose qu'elle n'avait pas encore vu. Elle baissa son visage vers le sol. C'était une pelle. Un objet vieillot qu'elle observa pendant quelques secondes, juste le temps de se demander ce que ça faisait là. Elle allait se baisser pour la ramasser mais se stoppa net lorsqu'elle vit qu'à côté se trouvait un autre objet. Un fusil.
Une pelle et un fusil. Posés là au pied d'une fosse. C'était étrange, oui, mais elle avait l'habitude de l'étrange. Le hasard, lui, cependant, n'était pas étrange quand il était planifié. Une pelle et un fusil. Le travailleur et le bourreau. Devait-elle faire un choix ?
Dans ce cas, la question était vite réglée. Elle se pencha et pris du bout des doigts le fusil ; si menaçant, si éloquent. Un fusil lourd pour une femme qui n'en avait pas l'habitude, mais elle le prit quand même, et deux mains, le porta devant ses yeux. Un fusil noir et brillant de propreté. C'était un peu trop. Que faisait-il là ?
Devrait-on tuer, et ensuite enterrer ?
Elle porta les yeux à la pelle. Ainsi qu'à la personne qui s'était approchée.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


Sujet: Re: Un brouillard qui se répand comme un souvenir évanoui   
posté le : Dim 3 Juin - 15:48
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.
Avril avait toujours été malchanceuse.
Comme si sa vie ne se résumait qu'à un jet de dé truqué. Comme si aucun autre numéro que le mauvais ne pouvait sortir. Normalement, suivant le proverbe "après la pluie, le beau temps" il y aurait dû avoir des périodes heureuses après une série de malheur, de larmes et de désespoir. Eh bien non, jamais.Simplement la satisfaction de la vengeance accomplie. De fait, suivant la malédiction qui était la sienne, Avril s'était de nouveau embarquée dans un jeu malsain où cette fois l'enjeu avait des allures bien plus importantes bien qu'encore indéfinies.

Elle le comprit lorsqu'elle vit la silhouette se tourner vers elle, le fusil qu'elle venait de ramasser dans les mains. Certes, elle ne la visait pas mais il était indiscutable que dans cette situation n'importe quelle personne doté d'un instinct de survie supérieur à celui d'une limace se serait enfuie en courant, se serait jetée à genoux ou aurait tenté de faire lâcher ce fusil à la jeune femme encapuchonnée. Avril n'en fit rien, elle s'arrêta juste de marcher pour planter son regard en direction de l'inconnue et la dévisager, un air tout à fait neutre sur le visage.

Avril n'était pas folle. Elle savait que cette femme pouvait l'abattre à tout moment, volontairement ou accidentellement, d'un simple décalage de l'arme, d'une simple pression sur la gâchette. La pelle était aux pieds d'Avril, devant une fosse remplie de cadavres et ossements en tous genre teintés de sang. Elle les avait vu en s'approchant d'avantage, tous ces morts dans les fosses, victime d'un terrible massacre. Elle les avait vu mais elle n'avait pas bronché. Ce n'était pas une question d'insensibilité. D'une certaine manière Avril ressentait de la peine pour eux mais rien de plus. La seule chose vraisemblable qui remuait les tripes de Avril était une forme de colère sinueuse, cruelle et vengeresse.
Oui, elle vengerait tous ces gens dès qu'elle le pourrait.
Personne ne devrait avoir à souffrir.


Mais pas pour le moment. Non, et même qu'elle n'en aurait peut-être pas l'occasion. Peut-être justement, qu'elle se ferait tuer, là, tout de suite par cette silhouette. Avril n'aurait alors pas le temps de réagir et soit la balle qui la transpercerait ne la tuerait pas sur le champ et la condamnerait alors à une lente agonie, soit elle ne souffrirait pas.
Elle s'endormirait juste, pour toujours.
Sourire.

Un sourire était venu se dessiner sur les traits de la flammèche. La femme qui lui faisait face avait un regard froid et une expression aussi figée que si elle avait été faite de marbre. De toute évidence elle était capable de tuer, peut être l'avait elle déjà fait ? On ne possède pas un regard pareil sans en avoir payé le prix. Avril le savait, elle en avait un similaire sauf que le sien était éclairer par une lueur vengeresse teintée d'une bonne dose de folie. Folle, oh que oui elle l'était, et elle le savait. Bien sûr, sinon sans doute qu'elle ne se serait pas penchée pour ramasser la pelle à ses pieds, au mépris de ce que l'autre allait faire. Sans doute qu'elle aurait cessé de sourire pour implorer son adversaire de ne pas la descendre froidement. Sans doute qu'elle aurait tenté quelque chose pour son salut ou bien qu'elle qu'elle aurait parlé d'un ton dégager, faisant semblant d'ignorer que l'autre avait une arme entre les mains.
Sans doute qu'elle était folle, oui parce que la pelle était désormais en sa possession.
Revenir en haut Aller en bas
Nevroze
Your Scary Nightmare
Over All

avatar


Sujet: Re: Un brouillard qui se répand comme un souvenir évanoui   
posté le : Dim 3 Juin - 16:26
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.
Nevroze tenait en main un fusil. Un fusil comme ceux utilisés pour la paix, ou bien ceux utilisés pour la guerre. Amusant, non ? Un simple objet est capable de renfermer une jolie oxymore. Et pas n'importe quel objet, puisque cet objet était justement fait pour apporter la mort. La mort serait-elle donc à la fois synonyme de paix et de guerre ? N'était-ce tout simplement pas qu'une question de point de vue après tout ? N'était-ce tout simplement pas qu'un sans-queue-ni-tête dont Nevroze se fichait royalement ? Elle avait ce fusil, certes, et l'autre jeune fille venait de ramasser la pelle. Soit, qu'allait-elle en faire maintenant ?

En face de la jeune femme, des morts. Abattus par ce fusil, certainement. Mais qu'elle était donc le sens de la présence de ce fusil ici ? Le travail n'était-il pas terminé ? A vrai dire, Nevroze avait bien lu dans quelques livres d'histoire des choses abracadabrantesques, elle savait donc à peu près ce dans quoi on l'avait envoyée : dans un camp d'extermination. Cela voulait-il dire qu'avoir pris ce fusil lui donnait effectivement le rôle de bourreau, et qu'Avril, ayant pris la pelle, détenait le rôle de... .
Nevroze ne souriait pas, ni ne faisait preuve d'aucune émotion physique, et dans son cœur il en était de même. Du vide, et uniquement ça. Cependant, ce vide corporel ne l'empêchait pas de réfléchir, et si Nevroze s'amusait habituellement, ce n'était pas gratuitement. Il y avait toujours une bonne raison, et une raison assez importante. On parlait de crime, non pas d'une quelconque histoire montée debout et qui parlait race et religion. Elle ne tuerait jamais pour ça, ce n'était pas un motif valable pour recevoir la sentence de Nevroze.

Mais elle avait pris le fusil, et son but actuellement était d'avancer le plus loin possible, afin de rencontrer celui qui avait osé placarder sa fontaine. Et donc par conséquent, elle devait agir comme telle. Elle lança un long regard à Avril. Elle ne la regardait pas, non : elle la fixait. Elle ne la contemplait pas, elle avait juste ses yeux posés sur elle. Et maintenant, elle se demandait pas mal de choses, mais qui restèrent secrètes pour elle seule. Avril avait la pelle. Nevroze avait le fusil. Que se serait-il passé si ça avait été l'inverse ?

Mais après tout, un camp de concentration, n'était-ce pas avant tout un camp de travail ? Seulement, si ses souvenirs étaient exacts, Avril avait 17 ans. Elle n'était pas majeure. C'était donc l'extermination assurée. Pas de chambre à gaz en vue, cependant, ce n'était pas son rôle. Avril avait-elle menti ? Une fosse à creuser, une pelle, et un fusil.
Que s'était-il passé, ici ? Nevroze avait entendu, mais maintenant que Nevroze avait le tableau final sous les yeux, elle voulait voir. Elle voulait voir ce qu'il s'était passé.

Une pelle, et un fusil. Le travail, et la garde. Avril devait creuser, et Nevroze, donner l'ordre. Soit. Elle s'avança donc vers Avril, et sans aucune prévention ni rien, lui lança :

"Hohl ! "

Et la jeune non prévenue n'alla pas assez vite, Nevroze leva donc son fusil et le pointa à hauteur du visage de Avril.

" Schneller als das oder ich werde dich auf dem Spielfeld zu töten ! "

Elle avait déjà le doigt sur la gâchette et n'attendait plus qu'une erreur de la part de la rousse pour tirer.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


Sujet: Re: Un brouillard qui se répand comme un souvenir évanoui   
posté le : Ven 8 Juin - 8:49
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.
Un fusil.
Pour certain, ce mot est empli de haine, il leur évoque les bains de sangs, les massacres de centaine d'innocents sacrifiés pour une chose ignoble qu'il a fallu nommer : la guerre.
Pour d'autre, il leur rappelle qu'avec du pouvoir on peut arriver à faire n'importe quoi. Qu'avoir une arme entre les mains c'était avoir du pouvoir et que lorsque l'on possède du pouvoir, il faut s'en servir.
Pour Avril il ne s'agit ni plus ni moins que d'un objet. Un objet qui peut s'avérer meurtrier entre n'importe quelles mains, comme la plupart des objets dangereux.
Ce qui est la raison pour laquelle on les appelle ainsi.

Il peut s'agir alors d'un vase très lourd, un morceau de verre tranchant, d'une chaise en bois et d'à peu près n'importe quoi pour peu que la personne qui s'en sert sache où et comment frapper. Par conséquent, le fusil, bien qu'il ait été conçu dans le but de tuer est un outil comme les autres, bien que plus rapide, plus dangereux et plus efficace. Avril n'avait ni peur des objets contondant, ni des morceaux de verre, alors pourquoi aurait-elle peur d'un fusil ? Oui... Là était la logique folle de la flammèche. Un raisonnement étrange et qui pourtant pourrait marcher pour peu que la personne qui l'évoque soit un inconscient bodybuildé dénué de toute peur comme de tout cerveau. Et Avril possédait un cerveau, illogique certes, mais où la peur de la mort n'avait pas de place. Après tout, il y avait longtemps qu'elle aurait du mourir.
N'était-elle pas déjà morte d'ailleurs ?

Une image, un sentiment, une idée comme un rêve brumeux s'imposait parfois à son esprit le soir. Une scène glauque dans une prison où une explosion effaçait tout le dessin d'un trait de gomme, même Avril. Et puis lorsqu'elle était enfant, combien de fois avait-elle failli mourir ? Elle ne comptait plus. la seule chose qu'elle savait c'était qu'elle était toujours en vie, là, maintenant, alors qu'elle était censée être déjà morte.

Et pour quelle raison ? Profiter d'une vie ennuyeuse au possible ou le simple évènement perturbateur vient déclencher une crise de folie ? Non pas de folie... Car la folie la possédait déjà tout entière. elle était folle, folle d'être restée en vie, folle d'avoir tué, folle d'être dans un lieu si étrange, un fusil braqué sur son visage. Alors désormais, qu'allait-elle faire ? S'enfuir ? Contre-attaquer ? Se laisser mourir ? Obéir ?
C'était déjà décidé.

«Tu n'as qu'à tirer.»

Non, elle ne coopérerait pas, elle n'obéirait pas. Creuser ? Si encore elle en avait eu l'envie. Mais elle ne laisserait pas cette femme la maltraiter ainsi, non. Elle se révolterait. Ce lieu sordide où elle se trouvait avait beau être un ancien camp d'extermination ou même de travail, se plier à la coutume, travailler puis mourir n'aurait rien de glorieux. Pire : personne ne vengerai les corps pourris des malheureux qui gisaient encore dans la fosse. Elle ne ferait que répeter un schéma immonde dont la seule issue est la mort.
Et comment faire pour l'éviter ?

Avril se tourna vers le sol et commença à creuser, lentement, surement, dans l'attente d'une idée de génie censée faire son apparition salutaire d'un instant à un autre. En attendant elle creusait et... rebouchait la fosse. En effet, la terre sèche qu'elle s'évertuait à fendre sous les yeux assassins de sa geôlière, retombait dans la fosse aux cadavres. Volonté de leur offrir une sépulture décente ? Sans aucun doute, mais elle aurait le temps de le faire plus tard. Elle ne continuerait pas de creuser si c'était sous les ordres d'une allemande despotique. Finalement, aucune idée n'était apparue, seule la rage était remontée à la surface. Alors, sans aucun préavis, elle fit brutalement reculer le manche de sa pelle dans le but de dévier le canon du fusil.
C'était quitte au double.

Avril ne prit même pas le temps de regarder en arrière, elle avait sentit que le manche avait percuté quelque chose et elle n'avait qu'à espérer que ce soit le fusil, alors, elle se retourna vivement et emporta dans son élan le coté métallique de la pelle qu'elle abattis violemment sur la brune. Son geste sembla durer durant une éternité. Avril pouvait se voir, elle, faire redescendre au ralenti sa pelle vers l'inconnue. Serait-elle assez rapide ? Aurait-elle surpris son bourreau ?
Aucun coup de feu pour le moment.
Puis, un choc.
Revenir en haut Aller en bas
Nevroze
Your Scary Nightmare
Over All

avatar


Sujet: Re: Un brouillard qui se répand comme un souvenir évanoui   
posté le : Lun 11 Juin - 14:31
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.
Insolente petite gamine qui avait refusé de faire ce qu'on lui avait dit. C'était révoltant, mais Nevroze n'était pas là pour ça. C'était fou ; cette foois-ci, le jouet, c'était elle. rriverà ses fins, bien entendu, mais jusqu'où allait-elle réussir à aller, cette fois ? Il lui fallait surement la tuer, mais c'était loin d'être ce qu'elle voulait. Nevroze allait-elle donc provoquer un crime impardonnable dans le seul but de voir ce clown en chair et en os ? C'était possible tout autant qu'improbable. Sur le moment, donc, elle ne réagit pas, consciente que cette fille n'était ni juive, ni rien de ce qui aurait pu lui valoir la mort dans des temps reculés ; et le fait qu'elle ait répondu le montrait. Elle se moquait de mourir. Tout perdait de sa couleur.
Elle aurait du s'en douter.

Elle n'était pas morte, non, mais Nevroze devait agir. Elle devait agir pour avancer. Et si l'occasion de détourner la situation lui venait, elle devait la saisir. Cependant, Avril se mit à creuser. Une fois ? La pelle s'enterra partiellement, resortit en portant un peu de terre qui fut lancée dans la fosse. Que faisaitè-elle ? On lui avait dit de creuser, pas d'enterrer !

" Creuse, idiote ! J'ai dit creuse, pas enterre ! "

Elle lui asséna un coup de manche dans la figure ; mais un coup vaguement puissant, puisqu'en même temps, elle se prit le manche de la pelle en plein dans le bras. Elle faillit lâcher son arme, quand un coup de pelle lui arriva en pleine figure. Pendant un instant, elle ne sut même plus qui elle était, ni où elle se trouvait. Ses pensées furent mélangées comme on secoue une boule de cristal contenant de la neige. Il chancela et tomba sur la droite, la main gauche sur cette joue gauche qui lui faisait mal,e t sa main droite qui l'avait aidée à se retenir accroupie crispée sur son arme à feu. Pendant un instant, elle essaya de se rappeler ce qu'il se passait, et tout lui revint.
Son regard se releva, mèches noires qui lui tombaient devant les yeux, mais Avril pouvait nettement deviner la colère dans ce regard. Nevroze se releva doucement, un regard aussi noir que son âme posé sur la jeune fille.

Elle lui asséna un coup de manche de fusil en plein dans le nez, et un autre dans la tempe droite. Avril s'écroula et du pied, Nevroze la poussa et le fit rouler dans la fausse.
Revenir en haut Aller en bas
Ira May
Invité
avatar


Sujet: Re: Un brouillard qui se répand comme un souvenir évanoui   
posté le : Mar 12 Juin - 10:02
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.
Gagnant et perdant, mais qui perd vraiment?


Avril était tombée dans la fosse. Avril était tombée parmi les morts. Avril était morte. Les erreurs du passé avaient été réitérées. Un bourreau, une victime. Et pour quel motif? Une absurdité. Ici, elle s'appelait orgueil. Il n'en attendait pas moins des jeunes femmes. Il était presque déçu, cette Avril avait tout de même réussi à sonner Nevroze. Et pourtant, cette dernière n'avait pas tiré. Elle l'avait simplement puni, comme on punit un animal de compagnie. Serait-ce une marque de faiblesse de la part de l'ombrageuse créature? Peut-être était-elle plus humaine qu'elle ne le laissait voir...

Pathétique.

Il les observa. Et il trancha. Nevroze pouvait continuer son chemin. Avancer encore un peu. Un peu plus. Toujours. Encore.
Quant à Avril, elle était dans la fosse. Au milieu des ossements désordonnés. Que pouvait-elle bien faire désormais..?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


Sujet: Re: Un brouillard qui se répand comme un souvenir évanoui   
posté le : Sam 16 Juin - 9:16
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.
Elle était tombée.
Elle avait fermé les yeux.
Était-elle de nouveau dans la cour de l'école ? Cachée dans un placard ? Dans le sous sol du collège ? Dans l'armoire de la bibliothèque ?
Saignait-elle encore ? Avait-elle les mains tremblantes ? Les yeux rouges et le nez qui coule ? Pleurait-elle ?
Quel age avait-elle ? Était-elle seule ?
Avait-elle fermé les yeux ?

Elle avait fermé les yeux.
Une fraction de seconde, elle les avait fermés. Une fraction de seconde qui lui avait paru être une éternité alors qu'elle était tombée dans la fosse et qu'elle avait heurté le sol pavé d'ossements. Une impression que le temps c'était arrêté et qu'il était revenu en arrière à une vitesse anormale. Pourtant, elle était consciente qu'elle était toujours dans le présent, consciente qu'elle s'était de nouveau faite frappée et consciente que d'une certaine manière, comme toutes les autres fois, elle l'avait mérité.
Après tout, c'était elle le problème non ?
Un problème tenace que beaucoup de personne avait tenter d'effacer à coup d'eau de javel sans vraiment totalement y parvenir. Elle était un problème indélébile.
C'était sans doute pour ça qu'elle se faisait toujours frapper.
Elle n'obéissait jamais, elle n'écoutait pas les règles. Elle était spontanée suivait la moindre de ses pulsions. Elle cherchait les ennuis.
Elle avait fermé les yeux.
Elle s'était faite frapper.
Comme toujours.
C'était normal.

Alors elle roula sur le côté et tenta de se redresser tant bien que mal, perdue au milieu de tous ces ossements dont la couleur suivaient les dégradés ternes de gris, moutarde et verdâtre. Petite tache de couleur rouge et blanche. Rouge pour ses cheveux, le sang qui coulait de son nez sur sa robe qui était rouge elle aussi. Elle était une tache de couleur vive sur un tableau glauque aux couleurs ternes, macabres et sombres. Elle était une tache de couleur semblable aux autres mais totalement indésirable.
Elle voulait rentrer chez elle.
Maintenant.

Doucement, elle se redressa. Elle était sonnée, et, par conséquent, elle avait du mal à tenir debout. Ses premiers pas furent difficiles mais au fur et à mesure elle s'habitua à la sensation de vertige qui avait pris possession d'elle. Puis cette sensation s'estompa progressivement lorsqu'elle entrepris de remontrer hors de la fosse, vers le côté opposé à l'encapuchonnée. Elle ne jouerait plus, elle ne voulait plus jouer. Ses pensées précédentes sur la vengeance lui paraissaient dérisoires maintenant, elle voulait rentrer chez elle. Elle voulait s'assoir sous la table et dessiner sur le sol bercée par le "tic tac" de son horloge. Elle voulait elle toute seule dans une pièce sans lumière, sans personne.

L'une après l'autre, elle enfonça ses mains couvertes du sang qui coulait de son nez et qu'elle avait tenté d'essuyer sans succès, dans la terre sèche. Ses ongles étaient noirs, à présent et Avril s'aidait de tout ce qu'elle pouvait pour remonter la pente. Elle s'écorcha les genoux et se rappa les bras plusieurs fois en glissant, elle récupéra quelques hématomes en heurtant involontairement un squelette. Mais elle s'en moquait.

Aucun amour propre, aucun narcissisme. Les seules blessures qui l'effrayaient étaient les plus graves : celles qui laissaient des cicatrices et celles du passé, ou bien du cœur. Et elle en était déjà constellée. Alors il était normal qu'elle n'attache aucune importance à une petite égratignure.
Même si ça brulait.

Une fois en haut elle tourna le dos à sa précédente adversaire et avança droit devant elle. Elle pensait qu'elle se dirigeait vers la ville, mais elle n'en était pas sûre. Sa vue était brouillée, son souffle court et elle avait du mal à se concentrer. Alors elle avança simplement droit devant.
Tout droit.

[Suite ici]
Revenir en haut Aller en bas
Nevroze
Your Scary Nightmare
Over All

avatar


Sujet: Re: Un brouillard qui se répand comme un souvenir évanoui   
posté le : Sam 16 Juin - 12:49
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.
Elle avait regardé Avril rouler dans la fausse, vivante parmi les ossements. Tenter de se relever. Se redresser, remonter, et elle avait ensuite pris la route, sans rien dire, sans s'arrêter, et même sans lui dire le moindre mot. Etait-elle victime à ce point ? Une personne qui se faisait innocemment pousser dans le vide et qui arrivait à en sortir avait le droit de protester, et même de demander à ce qu'on se pardonne. Au lieu de ça, elle était partit comme un chien la queue entre les jambes, sans même dire le moindre mot. Nevroze ne comprenait pas. Mais après tout, était-ce là son problème ? Non, elle avait fait sa part du contrat en détournant le problème et maintenant, elle devait elle aussi avancer.
Elle ne savait où.

Si elle devait réfléchir, il lui semblait qu’il y avait de multiples possibilités ; trop même, elle ne savait où commencer. Une page blanche, un linceul, une âme pure, des murs blanchis à la chaux, comme ceux d’un hôpital ; tout correspondait, et ces propositions se battaient toutes entre elles à vouloir prendre la première place.
Où aller en premier ? Qu’essayer ? Que serait la solution la plus probable, d’après elle ?
Si elle avait du se mettre à la place de cet imbécile de clown, elle aurait compris rapidement que la seule motivation qui la distinguait d’elle était de vouloir être connu. Sinon pourquoi placarder une fontaine au beau milieu d’une place centrale ? Il voulait qu’on le voit, et surtout qu’on l’écoute. Il cherchait à dénoncer quelque chose, et bien que ce ne fut là qu’un détour mortel, il l’avait emmenée ici non pas par hasard, mais pour que la dénonciation d’une vérité commence, et se sache. Alors, maintenant, que pouvait-il bien faire d’autre, si ce n’est d’abord, prévenir, ensuite montrer, si ce n’était révéler ? Oui, révéler, par le biais de quelque chose.

Il y avait bien des endroits pour ça.
Une école pour apprendre, et ses blanches craies. Les élèves écoutent toujours les professeurs, car l’autorité est souvent moins bien perçue que la connaissance.
Un hôpital où se réunissent les blessés, les souffrants, et peut-être même cas cadavres multiples qui pullulent sous ses pieds. Mais non, d’hôpital il n’y avait pas eu, et donc ça n’aurait aucun sens de l’emmener là-bas.
Pourtant elle aurait bien voulu que ce soit le cas. L’hôpital avait une odeur qui la rassurait. Une odeur de médicament mélangée à celle de la maladie. La souffrance et la guérison. Un tout mélanger qui mettait tout le monde mal à l’aise, car c’était comme ne pas savoir quel sort nous était réservé. Comme laisser sa vie aux mains du destin. Mais il n’y a pas de place au hasard quand on est capable de prévoir la réaction humaine. N’était-ce pas un grand penseur qui avait dit ça ? C’était dans quelle œuvre, déjà… ?

La neige était blanche. D’ailleurs, n’appelait-on pas le sang, l’or rouge, et la neige, l’or blanc ?
La cabane du kiosque était blanche, elle aussi.
Tout était presque blanc ici, et pourtant, rien ne sentait la pureté. C’est ce qu’elle aimait. Tout était vide, terne, et méprisable. C’était une jolie ville. Mais le kiosque à journal était toujours vide. Personne n’allait lire le journal, et personne n’avait même cherché à savoir s’il y en a avait un. Espérait-il avoir plus de chance que le journaliste anonyme qui écrivait toutes ces choses ? Alors il avait un réel culot.

Insaisissable…
Si seulement elle avait pu s’en saisir, et s’en débarrasser. Lui aussi, le mettre à l’épreuve de la vie.
Il la narguait, il n’y avait donc que là qu’il pouvait être. Elle rageait, intérieurement. Qu’elle aurait voulu que ce fusse ailleurs.

Un dernier regard sur cette scène morbide, et elle tourna le dos à ces cadavres avant qu’ils ne disparaissent. Maintenant, elle retournerait au village, elle irait vers son kiosque plein de pages vides, et elle prierait pour que ce ne fut pas là qu’il fallait aller.



[Nevroze s'en va au kiosque]
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




Sujet: Re: Un brouillard qui se répand comme un souvenir évanoui   
posté le :
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.
Revenir en haut Aller en bas
 

Un brouillard qui se répand comme un souvenir évanoui

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Fantasmagoria :: Anciens RP-